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Méthanisation nouvelle génération avec Agriopale et Daudruy

26 Sep. 22

Ce 9 septembre 2022, s’inaugurait le méthaniseur de Landacres Energies sur la commune d’Isques (62) en présence de Frédéric Motte, Président de la mission rev3, Frédéric Cuvilier, président de la Communauté d’Agglomération du Boulonnais et maire de Boulogne sur mer et Bruno Watrelot de GRDF : une histoire de rencontre, de persévérance et d’expérience au service d’une nouvelle génération d’unités de méthanisation.

Landacres Energies c’est tout d’abord la complémentarité entre deux partenaires qui ont eu de bonnes raisons de se rencontrer. Agriopale est un spécialiste des métiers de l’environnement et de l’économie circulaire à travers le compostage, le bois-énergie, les stations bioGNV et la méthanisation. La société apporte l’expérience de sept unités conçues et exploitées par le Groupe. De son côté, Daudruy est un spécialiste du raffinage d’huiles alimentaires avec une unité de production de 330 000 tonnes près de Dunkerque ; Daudruy fournira une partie des intrants, notamment graisseux afin d’équilibrer les rations. La collaboration est doublement en œuvre pour, d’une part, le projet de Landacres Energies qui produira à terme 350 Nm3/h de biogaz à Isques et pour, d’autre part, un deuxième projet en train de sortir de terre à Petite Synthe avec une capacité de 750 Nm3/h.

A Isques, le procédé de méthanisation est une voie liquide infiniment mélangée. Le stockage des intrants solides est couvert et prévoit une trémie de mélange selon la recette qu’impose leur composition. Christophe Evrard d’Agriopale précise : « les stocks d’intrants sont limités car nous privilégions les arrivages réguliers directement traitables et évitons les intrants saisonniers comme par exemple les pulpes de betteraves qu’il faut distiller tout au long de l’année ou qui imposent des variations importantes de recettes lorsqu’ils ne sont plus là». 10 000 tonnes d’intrants sont ainsi traitées par an. Agriopale n’admet aucune culture ou CIVE comme intrants ; on trouvera plutôt des terres de décoloration, des déchets d’oignons, des poussières de céréales,… La trémie envoie par vis sans fin le mélange dans la « soupière », située sous terre où sont ajoutés les intrants liquides : sous-produits gras des industriels de la transformation du poisson du boulonnais, déchets ou sous-produits agro-alimentaires, amidon liquide,… A partir de la soupière, le digesteur est alimenté par batch de quelques m3 toutes les heures assurant ainsi une production de gaz continue et équilibrée. Les intrants séjournent 40 jours dans le digesteur de 2500m3 à 40°C puis tout autant dans le post-digesteur. Les digestats sont ensuite stockés avant épandage auprès d’une quinzaine d’exploitations. Celles-ci disposent alors d’un engrais NPK dont l’azote est tout autant ammoniacale qu’organique, donc tout autant adapté pour une assimilation rapide sur des semis levés que pour un enrichissement longue durée du sol.

Ce qui frappe le visiteur lors de la visite du site, c’est son intégration technique et paysagère. Le dénivelé du terrain est habilement exploité et valorise la gravité pour amener les intrants vers les digesteurs. Ces derniers sont à moitié enterrés et ne dépassent pas la cime des arbres avoisinants. L’ensemble des infrastructures (pompes, canalisations) sont souterraines et laissent une esplanade propre pour la circulation des véhicules, loin du style « décharge » des toutes premières méthanisations. Le hangar des intrants sera équipé à terme d’un traitement d’air pour limiter les odeurs déjà quasi confidentielles. Seul un permanent gère l’exploitation auquel s’ajoute un autre salarié qui se partage trois autres sites en supervision. L’automatisation est au cœur du process avec des capteurs tout au long de la chaîne d’approvisionnement et production.

Frédéric Cuvelier résume le projet avec cette formule : « si l’on arrivait à capter l’énergie des polémiques, nous serions auto-suffisants ! ». Il a fallu en effet faire preuve de persuasion pour déjouer les oppositions et s’installer sur un parc paysager d’activités certifié ISO 14001. Et Frédéric Cuvelier d’inviter les élus à délaisser les craintes et soutenir résoluement les projets de méthanisation sur leurs territoires.

Agriopale et Daudruy ont su être persuasifs. Ils ont par ailleurs bénéficié d’une aide de 10% octroyée par la région à partir des fonds européens FEDER sur les 6 millions d’investissement du projet global.

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