Sollicité mi-2025 par la Française de l’Energie, le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, apporte son soutien à la recherche d’hydrogène natif dans les Hauts-de-France. Un encouragement qui vient au moment opportun : le contexte international invite à plus de souveraineté énergétique et le Grand Est voit se confirmer ses espérances à l’issue des premiers sondages. Récit.
Rappelons que, début 2025, la Française de l’Energie communiquait sur une découverte inattendue dans le cadre du projet de recherche REGALOR mené avec le CNRS sur la séquestration du carbone : la présence d’hydrogène naturel dissous dans l’eau à 1000 mètres de profondeur. Le programme REGALOR II lancé depuis, vient confirmer la présence importante d’hydrogène naturel dans le sous-sol de Pont-Pierre en Moselle. C’est l’objet du communiqué de presse auquel nous renvoyons ici le lecteur.
L’hydrogène provient d’une réaction chimique entre l’eau et les roches ferreuses également perméables : une oxydoréduction entre l’eau et les carbonates ferreux comme la sidérite (FeCO3) ou l’ankérite (Ca(Fe, Mg, Mn)(CO3)2) et une réaction de déshydrogénation du charbon lors de sa transition vers l’anthracite. Ces deux réactions ont lieu dans des conditions de pression et de température élevées et bien précises. On peut parler d’un véritable réacteur de production constante d’hydrogène.
Le forage PTH-2, mené dans le cadre de REGALOR II, a atteint 3 655 m de profondeur et 58 échantillons ont été prélevés. Outre la confirmation du gisement et de son volume (on parle de 34 millions de tonnes), ce forage a permis de faire évoluer les sondes de détection vers des outils brevetés de production industrielle. Le projet REGALOR II continue et suite à l’obtention du plus grand permis européen de recherche exclusif sur l’hydrogène naturel, dit des « 3 évêchés » d’une surface de 2 254 km2, la FDE va pouvoir étudier l’ensemble du bassin afin d’en délimiter l’étendue, d’en évaluer le potentiel et d’engager les travaux préparatoires à une première certification visée à partir de 2027.
Le bassin minier des Hauts-de-France situé sur la même veine géologique que la Moselle recèle sans doute le même potentiel d’hydrogène natif. Le Conseil Régional, par la voie de son Président, Xavier Bertrand et le Président de la mission rev3, Frédéric Motte, souligne le sérieux de la démarche de la FDE, «en phase avec les ambitions énergétiques et industrielles de la Région», ainsi que l’expertise de la Française de l’Energie sur l’exploitation des gaz du bassin minier. Pour Xavier Bertrand, si ce potentiel se confirme, «il serait stratégique pour notre souveraineté énergétique, pour la décarbonation de nos industries et pour les emplois non délocalisables dans le bassin minier».
Les dispositifs européens sont étudiés par les services de la région en collaboration avec la FDE et Pôlénergie. Après le Grand Est, la Belgique, au tour des Hauts-de-France d’avancer vers plus d’autonomie énergétique !