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Penser l’entreprise pour un monde post-carbone

04 Juil. 22

Depuis le premier rapport du GIEC en 1990, la question du réchauffement climatique s’est imposée dans le débat public. 32 ans et 4 rapports plus tard, cette question est plus que jamais d’actualité, les scénarios alarmistes se conjuguent désormais aux premières conséquences tangibles de notre inaction. Dans le même temps, la question énergétique se rappelle à nos esprits sur un plan géopolitique. Comment penser dès lors les enjeux énergétiques et climatiques dans la mutation des entreprises ? Eléments de réponses avec le panel d’intervenants de l’université d’été du Shift Project, rassemblés à Lyon ces 25 & 26 juin 2022, un think thank qui œuvre à la décarbonation de l’économie française.

Oser l’audace
Pour décarboner l’économie, une première piste d’action consiste à développer des technologies innovantes ou à utiliser des technologies existantes de façon audacieuse. Souvent portées par des start-ups plus agiles, ces solutions peuvent néanmoins être utilisées par toute entreprise compatible. Drill Heat propose des champs de sondes verticales pour faire de la géothermie profonde, Carbometrix accompagne les acteurs de la finance dans leur comptabilisation carbone, Régénération promeut les pratiques agricoles qui favorisent le stockage carbone dans les sols, et Champerché, valorise des espaces urbains délaissés (cave, parkings…) en y développant une agriculture verticale.

Former
Un autre moyen d’accélérer la décarbonation des entreprises, c’est de former les collaborateurs. On soulignera la grande différence qui existe entre sensibiliser, qui amène à une prise de conscience, et former, qui amène à une maîtrise du sujet. Dans cette optique, la Convention des Entreprise pour le Climat (CEC), sur le modèle de la convention citoyenne pour le climat, forme 150 chefs d’entreprises via 6 sessions de 2 jours pour leur donner la maîtrise des enjeux carbone. Dans une même optique, le réseau Les Collectifs vise à appuyer des groupes de salariés engagés dans chaque entreprise pour amorcer une transformation de l’intérieur.

Repenser la raison d’être
Une autre manière d’agir consiste à repenser la raison d’être de l’entreprise. Comme évoqué durant les débats, l’objectif premier d’une entreprise n’est pas de faire du bénéfice, mais de trouver un équilibre économique dans sa réponse à un besoin donné. Repenser ce besoin primaire et la manière d’y répondre de façon soutenable, en convertissant l’entreprise en « entreprise à mission », fait donc partie du panel de solutions possibles. On peut citer par exemple Danone, qui pour « apporter la santé par l’alimentation au plus grand nombre », appuie la décarbonation des fermes laitières et développe des laits végétaux, ou la Camif, qui travaille sur l’écoconception de ses meubles.

Transformer le modèle de production
En complément des autres pistes d’actions, il est également possible de transformer le modèle de production de l’entreprise. En passant d’une économie linéaire à une économie circulaire, en favorisant le réemploi, en travaillant une vision locale et en passant d’une logique de produit à une logique d’usage, il est possible de passer d’une entreprise extractive à une entreprise contributive. C’est le maitre mot de Fabrice Bonnifet, directeur développement durable du groupe Bouygues, qui appuie le passage à des matériaux biosourcés dans le bâtiment.

Penser en réseau
Enfin, comme souligné par les différents intervenants, penser en réseau reste primordial pour assurer une bonne mutation : échanger sur les visions et les problématiques de chacun est un bon moyen de s’ouvrir de nouveaux horizons de réflexions et d’actions. Des structures comme le Collège des Directeurs du Développement Durable (C3D) ou The Shift Project visent justement à répondre à ce besoin.

Par de l’audace technologique ou en se formant, en repensant la raison d’être de l’entreprise et de son mode de production, et en incluant ces changements dans le cadre d’un réseau, il est possible de penser des modèles d’affaires qui concilient impératifs économiques et limites planétaires. Bien évidemment, ces changements comportent leurs lots de difficultés et nécessitent du temps et de l’investissement. Cela étant, le meilleur moyen de les voir aboutir reste encore d’essayer de les déployer. Relevons les manches !

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