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Visite de l’Energy Observer à Dunkerque

08 Nov. 19

Ce fut d’abord un multicoque légendaire dessiné et construit au Canada pour gagner : l’Enza New-Zealand, skippé par Sir Peter Blake et grand vainqueur du Trophée Jules Verne en 1994 avec un tour du monde en 74 jours. Le catamaran fut entièrement remanié par l’équipe de Victorien Erussard et Jérôme Delafosse à St Malo pour remporter une autre victoire : premier navire à hydrogène, il est le symbole de la révolution énergétique. En escale à Dunkerque ce mois d’octobre, l’occasion d’un effet de miroirs entre deux aventures énergétiques…

La vocation de l’Energy Observer est de tester de nouvelles technologies embarquées, prouver aux décideurs et citoyens de tous les continents que la transition énergétique est possible et les inspirer pour mettre en œuvre à domicile de nouvelles solutions.

Le bateau fait désormais 31 mètres de long et 12 mètres de large pour une charge globale de 30 tonnes. Il est conçu pour assurer une totale autonomie énergétique. Première étape : pomper l’eau de mer, la désaliniser par osmose inverse, la déioniser puis la passer par un électrolyseur pour produire l’hydrogène. Cet hydrogène est ensuite compressé en 2 paliers (180 puis 350 bars) et stocké dans les ailes du bateau. De leurs côtés, les cellules photovoltaïques couvrant les différents ponts du navire ainsi que deux hydroliennes produisent de l’électricité stockée dans des batteries. Un système de monitoring régule l’utilisation de l’électricité, soit issue des hydroliennes et du photovoltaïque, soit issue de piles à combustible, type PEM (Proton Exchange Membrane), situées dans le flotteur tribord et créant un courant électrique par recomposition de l’hydrogène en eau. Trois grands régimes de fonctionnement sont programmés dans l’Energy Observer :
En navigation normale, l’électricité solaire ou éolienne alimente directement la propulsion.
en cas de chute momentanée de la production, par exemple par temps couvert, les batteries lithium-ion prennent le relais
En cas d’interruption longue, la nuit par exemple, la pile à combustible prend le relais et fait office de prolongateur d’autonomie en convertissant les réserves d’hydrogène en électricité.

Quelques chiffres : les panneaux photovoltaïques monocristallins couvrent une surface de 168m2 ; ils sont, selon les emplacements, bifaciaux, arrondis ou anti-dérapants. Ils produisent une capacité de 28 kW crête. Les batteries à bord, fonctionnant sous une tension de 400V représentent un poids de 2 tonnes. On compte également 8 réservoirs qui stockent l’hydrogène à une pression de 350 bars, soit 64 kg ou l’équivalent d’une puissance électrique de 2 MW ou encore la puissance stockée par 14 tonnes de batteries ! Ainsi équipé, le catamaran navigue à une vitesse moyenne de 4-5 nœuds, avec des pointes pouvant atteindre 12 nœuds.

Ce concentré de technologie a fait travailler les plus grands : le CEA-Liten pour la pile hydrogène et le système de management de l’énergie qui régule 1500 capteurs et 500 alarmes, Sunpower, Solbian et l’Institut National de l’Energie Solaire de Chambéry pour le photovoltaïque, Proton onsite pour les électrolyseurs avec un reconditionnement effectué par le CEA-Liten, Novaswiss pour les compresseurs, VPLP design pour les 2 propulseurs éoliens.
Le coût d’investissement s’élève à 6 millions d’euros. Parmi les partenaires du projet, on trouve Engie, Toyota, les transports Delanchy, le groupe Accor, Air Liquide mais aussi l’Ademe, l’Afhypac et l’Hydrogen Council.

Plus qu’un bateau, « l’Energy Observer est un véritable media au service d’une information positive et inspirante ». Il démontre que si l’autonomie énergétique est possible sur un multicoque, elle peut voir le jour dans un bâtiment et se démultiplier pour une collectivité, une région ou un pays tout entier.

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