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Vision électricité décarbonée à 2050

08 Nov. 21

Xavier Piechaczyk, président du directoire de RTE présentait fin octobre en conférence de presse les principaux résultats des «Futurs énergétiques 2050», résumé de deux ans de concertation visant à définir l’évolution du système électrique et les chemins possibles vers un monde sans énergies fossiles d’ici 2050.

Si les émissions globales de gaz à effet de serre (GES) de notre pays ne représentent que 1% des émissions mondiales, leur volume par habitant demeure, lui, au-dessus de la moyenne mondiale et ce d’autant plus lorsque l’on lui additionne l’empreinte carbone des importations. Diminuer les GES, c’est aussi améliorer la compétitivité de nos entreprises, les mettre au cœur des enjeux industriels du monde de demain et « permettre de reconstruire un appareil productif autour de solutions bas-carbone » ; c’est enfin diminuer l’exposition de notre économie aux cours mondiaux souvent imprévisibles.

6 scénarios en phase avec la SNBC
Pour sortir des énergies fossiles, la stratégie nationale bas carbone (SNBC) publiée en 2020 donne un cadre d’action sur lequel se base RTE :

  • Choix de l’efficacité énergétique : baisse de la consommation d’énergie finale de 40% d’ici 2050 par l’efficacité énergétique
  • Choix d’une énergie souveraine, à travers une électricité décarbonée et une biomasse produite sur le territoire sans import massif
  • Choix de ne pas favoriser les techniques de captage et stockage du carbone (CCS)

A partir de ce cadre, 6 scénarios sont étudiés par RTE selon une graduation allant du 100% ENR en 2050 à 50% d’ENR en laissant 50% au parc nucléaire (maintien de l’existant, développement d’EPR et de SMR ou Small Modular Reactors).

Quels enseignements en tire RTE?
18 enseignements sont détaillés dans le rapport publié que vous pourrez retrouver ici.
A un moment où les prix des énergies (gaz et électricité) flambent, on ne peut que consonner avec la remise à l’honneur par RTE de l’efficacité énergétique pour atteindre les objectifs climatiques.
RTE constate que, dans un contexte général de baisse des consommations, un rééquilibrage des consommations se produira au profit de l’électricité, par le biais du nucléaire ou des ENR, et contribuera donc globalement à la décarbonation de l’économie. RTE souligne que se passer du nucléaire nécessite fatalement un recours encore plus dense et plus rapide aux ENR. Pour RTE, le nucléaire français ne devrait pas passer au-dessous des 40 GW de puissance installée (ancien et nouveau), contre 61 GW aujourd’hui, taille minimale pour que l’effet d’échelle assure des prix globalement plus attractifs que les ENR qui doivent comptabiliser en plus les coûts de raccordement et de stockage. Les ENR à privilégier sont, là encore pour des effets d’échelle, les grands parcs solaires ou éoliens.
Les solutions de pilotage du système sont la gestion de la demande et le stockage. Quel que soit les scénarios envisagés, RTE noter l’intérêt indubitable du stockage hydraulique (STEP) et de la gestion intelligente de la demande (vehicule to grid notamment).

L’hydrogène, au cœur des enjeux des réseaux de demain.
Concernant l’hydrogène, RTE estime le socle des besoins pour décarboner l’hydrogène fossile et la mobilité lourde (routier longue distance) à 35 TWh d’hydrogène, soit une consommation électrique de 50 TWh. Si l’hydrogène est déployé également pour décarboner le transport maritime (ammoniac), la sidérurgie et l’aviation (biofuels), la consommation électrique passe à 170 TWh. Pour RTE, le prix de l’hydrogène tirerait largement profit d’un grand système intégré, doté de capacités de stockage et d’un réseau qui connecterait l’ensemble des sites de production et apporterait ainsi une flexibilité de production. RTE note également que seul un système de transport généralisé permettrait d’importer l’hydrogène à bas coût dont bénéficierait également nos centrales thermiques.

Coûts et investissements : un momentum à saisir
Le coût global du MWh électrique devrait à terme augmenter mais de manière maîtrisée. A la différence de ce que nous connaissons aujourd’hui, le coût de l’énergie de demain sera plus stable et donc plus prévisible, car moins dépendant des cours du gaz fossile ou du pétrole. Le loyer de l’argent a une incidence directe sur le coût du MWh, en raison même des investissements très capitalistiques que nécessitent les augmentations de capacités électriques. Mais RTE conclue en rappelant que la conjoncture actuelle des taux d’intérêt bas constitue une chance à saisir pour investir dans le bas-carbone.

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