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Regard extérieur sur la Transition Energétique en France

05 Déc. 19

Corinne Gendron, sociologue à l’université de Montréal, étudie le processus de transition énergétique en France, sa perception par les acteurs et ses enjeux au plan régional.

Cette transition s’articule bien-sûr entre un niveau national (Loi TECV, loi MAPTAM et loi NOTRe), un niveau régional, le niveau des entreprises et enfin celui des citoyens.

Premier constat : la signification concrète de la transition énergétique se relie plus à des réalités comme la biomasse, la méthanisation, le photovoltaïque, le stockage hydrogène qu’à l’efficacité énergétique, grande oubliée dans les citations faîtes au cours des entretiens.

Le citoyen, lui, est insuffisamment informé sur le pourquoi du changement. Il se réfugie souvent dans le fameux NIMBY (Not In My BackYard, i.e. pas dans mon jardin) alors qu’une dynamique de coproduction, par exemple par des mécanismes participatifs, contribuerait à sortir de l’ornière.

Les enjeux au plan régional se résument à des choix technologiques, la protection de l’environnement, la gestion de l’opposition citoyenne et la création d’emplois. Corinne Gendron salue le fait nouveau de voir l’environnement se positionner comme levier du développement économique local, même si pour les élus, le souci de la croissance prime sur celui de l’environnement.

Globalement, les régions perçoivent que les énergies locales profitent aux territoires et aux régions ; voilà l’une des raisons principales de l’oubli de l’efficacité énergétique. Le développement de la transition énergétique se heurte en outre à des problèmes d’adaptation des structures organisationnelles : manque de coordination entre les services, inertie institutionnelle, manque de compétences et connaissances sur des sujets nouveaux. Les lois nationales de décentralisation citées plus haut ont institué certes des transferts de compétences vers les régions mais sans toujours faire suivre un fléchage de moyens et compétences correspondant, note Corinne Gendron.

Les entreprises, quant à elles, ne sont plus confinées à leur mission économique. Elles doivent montrer leur pertinence pour la société, à l’aune d’une contribution concrète à l’environnement. « En plus d’être rentable, l’entreprise doit donc être socialement responsable », résume Corinne Gendron. L’entreprise continue certes à parler profit, taxes, salaires et produits mais prend en charge un nouveau discours sur l’impact environnemental, le développement communautaire, la justice économique et le progrès social. Toute cette contribution sociale se joue pour l’entreprise à deux niveaux irréductibles : le produit et l’organisation. Un cigarettier à l’organisation RSE exemplaire ne devra-t-il pas aussi revoir sa copie quant à ses produits … Au Canada, la justice ne reconnaît plus la priorité du rôle de l’entreprises à satisfaire ses actionnaires ; la responsabilité sociale des entreprises doit être une contribution au développement durable et doit tenir compte des externalités négatives.

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