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Pour une transition énergétique « arc-en-ciel », Philippe Charlez Expert en questions énergétiques à l’Institut Sapiens

07 Mar. 22

La transition vers une société bas carbone reposera principalement sur le remplacement d’équipements thermiques par des équipements électriques : véhicules électriques, voitures à hydrogène vert, pompes à chaleur, chauffe-eaux thermodynamiques, hydrogène en sidérurgie et fours à arc électrique en cimenterie.

Le principal défi sera de produire l’électricité requise sans charbon, sans pétrole et sans gaz. D’ici 2050 la consommation Française d’électricité devrait doubler, le rêve étant de produire cette électricité décarbonée à l’aide de vent et de soleil. Et c’est là que le bât blesse.

Est-il possible de remplacer des « énergies de stock » (charbon, gaz, pétrole, uranium) disponibles dans la nature sous forme de matière énergétisable par des « énergies de flux (éolien, solaire) directement disponibles sous forme d’énergie. La différence est notoire : la matière est stockable, transportable et concentrée en énergie alors que l’énergie ne se stocke pas, se transporte mal et se disperse rapidement. Les énergies de stock produisent l’électricité « où je veux » « quand je veux » et « combien je veux » alors que pour les énergies de flux c’est Dame Nature qui décide où, quand et combien. Ainsi, en France, le nucléaire ou le gaz peuvent fournir de l’électricité 80% du temps, l’éolien onshore 22% et le solaire 12%. Supprimer une unité nucléaire demandant 4 unités de vent ou 7 de soleil, remplacer les 56 réacteurs nucléaires français réclamerait 120 000 éoliennes de 2 MW. La transition énergétique n’est pas un problème technologique mais un problème de mise à l’échelle. D’autant que la faible disponibilité n’est pas homogène sur l’année : le solaire est en opposition de phase avec la demande électrique tandis qu’en hiver lors de périodes anticycloniques polaires, le vent est quasiment absent. Ainsi, en janvier 2021, l’heure de pointe de 19 heures ne pouvait compter que sur 2% de renouvelables.

La solution se trouve dans un mix énergétique équilibré : 60% d’électricité composée d’une moitié de renouvelables (35% de solaire et d’éolien et 15% d’hydroélectricité) et d’une moitié de thermique partagée entre le nucléaire et gaz. Pour se passer du gaz et compte tenu du vieillissement du parc nucléaire existant, la neutralité carbone 2050 demandera de construire 50 GW de nucléaire de 3eme génération ce qui correspond à une trentaine d’EPRs. Les 40% restants contiendront de la biomasse (gaz/liquide/solide) ainsi que des quantités résiduelles de gaz et de pétrole notamment à usage non énergétique. Pour atteindre la neutralité carbone il faudra alors compenser soit grâce à la bioséquestration (plantation d’arbres) soit grâce au CCUS (séquestration du carbone dans le sous-sol).

Une conférence – débat aura lieu le 28 avril 2022 à 15H avec Philippe Charlez, suivie de l’Assemblée Générale Ordinaire Pôlénergie.

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