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« Moins pour plus ! » : la sobriété à l’honneur

09 Juin. 22

Cette année, les Assises Européennes de l’Energie organisées par la Communauté Urbaine de Dunkerque, le Grand Genève, Bordeaux Métropole et l’ADEME, se sont tenues à Genève du 31 mai au 02 juin. Cette 23ème édition a choisi l’expression « moins pour plus ! » comme thème. Derrière cette formule se cache la notion de sobriété énergétique qui a donc été à l’honneur durant ces trois jours de conférences, d’échanges et de réflexions sur la transition énergétique et l’environnement.

 

Garder le même niveau de vie, en polluant moins et en consommant moins de ressources… Ce sont les objectifs des collectivités, présentés par leurs équipes durant ces 3 jours. Des experts issus de divers domaines comme la psychologie, la politique internationale, la sociologie, ou encore l’économie ont également pris la parole pour aborder cette thématique.

Mais qu’est-ce que la sobriété ? Pour Yamina Saheb, économiste et docteure en énergétique, la réponse se trouve dans le troisième volet du rapport du GIEC : « La sobriété couvre toutes les mesures politiques qui permettent d’éviter au départ la demande en énergie, en matériaux, en eau, en sols, tout en offrant à tout à chacun un niveau de vie décent dans le cadre des limites planétaires». La sobriété n’est donc pas de l’efficacité qui consiste à améliorer des procédés existants pour les rendre plus efficients. Cette notion nous invite donc à repenser nos besoins et nos utilisations de l’énergie: on parle désormais de sobriété choisie et non d’austérité forcée. La sobriété devient une stratégie structurelle sur le long terme, qui vise le développement du territoire afin de rendre concret les changements, le tout en co-construction.

Deux types de sobriété se font jour :

  • La sobriété d’usage et de comportement. L’utilisation du vélo pour ses petits déplacements au lieu de la voiture, la diminution du chauffage d’un ou deux degrés compensés par un pull, ou encore l’arrêt des appareils plutôt que leur mise en veille sont autant d’actions de consommation plus responsables et vertueuses. De plus, la mise en place de cette stratégie n’a pas de réelle barrière économique ; il s’agit principalement de réorganisation sociale qui ne nécessite pas d’investissements lourds dans de la nouvelle technologie.
  • La sobriété coopérative et dimensionnelle. Ce deuxième type fait référence à des actions plus collectives pour lesquelles les pouvoirs politiques et territoriaux doivent être à l’origine des changements qu’ils souhaitent voir. Cette sobriété concerne donc essentiellement les infrastructures à mettre en place comme l’aménagement de pistes cyclables ou la diminution des lumières en ville.

La mise en œuvre de la sobriété se limite le plus souvent aux comportements individuels. La puissance publique se décharge bien souvent sur la population.
De nombreuses études tendent à montrer cependant que le changement de comportement des individus ne pourra advenir qu’à la mise en œuvre conjointe tant des mesures politiques que des infrastructures nécessaires.

Une politique globale de sobriété est donc essentielle à l’atteinte des objectifs de réduction des émissions : différentes études tendent à prouver que changer nos habitudes et adopter un mode de vie plus sobre nous permettrait de réduire nos émissions de 40% à 70% d’ici 2050. Ce levier est donc indispensable et demande des engagements sociétaux et politiques forts. Bien évidemment, ce levier de sobriété est très inégal selon les populations et les pays : pour les plus pauvres de nos concitoyens et les pays les moins développés, la sobriété est subie et traduit un niveau de vie faible et non un comportement vertueux.

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