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L’hydrogène fait partie de la panoplie de décarbonation du territoire de Dunkerque

07 Sep. 21

L’industrie représente au niveau mondial 23% des émissions de CO2 (IEA 2020) ; le territoire Dunkerquois, de par son implantation industrielle forte, représente 20% des émissions industrielles françaises. C’est donc tout naturellement que ce territoire s’est engagé dans un projet de transformation énergétique de grande ampleur. Depuis 2019, un collectif s’est créé avec des industriels du territoire, la CCI, la Communauté Urbaine de Dunkerque et le Grand Port de Dunkerque, avec pour objectif d’obtenir des conditions de concurrence équitable en Europe pour éviter les fuites de carbone aux frontières, maintenir l’industrie en Europe, tout en s’engageant dans un objectif de neutralité carbone à horizon 2050.

Feuille de route de Décarbonation
La décarbonation du Territoire est en cours, avec une première étape permettant d’atteindre une réduction de 46% en 2030 (référence 1990). Pour atteindre ce premier palier, l’ensemble des outils de décarbonation seront utilisés, puisqu’une seule technologie ne permettra pas de répondre à l’urgence de la situation :

  • Efficacité Energétique : cet axe de travail a déjà été mis en œuvre par les industriels depuis les années 1990 pour des raisons économiques liées aux chocs pétroliers ; aussi l’impact sur la réduction y est assez faible.
  • Economie circulaire : il s’agit là indéniablement d’une force du territoire où depuis les années 90, transformer les rejets des uns en ressources pour les autres est devenu un réflexe. Les projets sont concrets : doublement du recyclage de l’acier et de l’aluminium usagés, utilisation des laitiers des hauts-fourneaux pour la fabrication d’un ciment bas carbone, mise en place d’une autoroute de la chaleur d’une trentaine de kilomètres qui récupérera la chaleur fatale des uns pour la redistribuer aux autres et atteindre l’équivalent de 420 GWh par an d’énergies économisées.
  • Mise au point de process innovants comme la récupération des gaz sidérurgiques riches en H2 et CO pour les réutiliser dans les process en lieu et place du carbone fossile (démonstrateur industriel IGAR), ou les transformer en électricité et chaleur, amélioration de l’efficacité énergétique des fours à ciment ; suivi des recherches sur les technologies en rupture comme « les anodes inertes » pour l’aluminium…
  • Réalisation de solutions de captage du CO2 (démonstrateur industriel 3D), s’appuyant sur un Hub CO2 mutualisant les flux CO2 de la Région Hauts-de-France pour les transformer en e-carburant et e-polymère ou exporter les excédents vers les zones de stockage prévues à cet effet en mer du Nord.
  • Utilisation de l’hydrogène à la place du carbone en changeant totalement de process

C’est l’ensemble de ces transformations qui permettra d’atteindre la neutralité carbone en 2050 ; toutes ces étapes sont nécessaires pour s’adapter aux différents process industriels, et pour gérer la transition vers l’hydrogène qui évoluera au rythme de la mise en place des infrastructures.

L’hydrogène entre dans l’équation de la décarbonation
L’engouement pour l’hydrogène, depuis la crise de la COVID-19 est très fort. C’est effectivement une solution d’avenir qui transformera la majorité des process industriels. Cette transformation ne sera pas aisée; la production de ce vecteur énergétique nécessitera de faire appel à des quantités considérables d’électricité et pour cela de développer des infrastructures (électriques et hydrogène) importantes qui prendront entre 10 et 30 ans. De plus, son prix actuel, 5 à 10 fois plus cher que le carbone, et son rendement énergétique oscillant entre 25% et 70% en fonction des usages (vecteur intermédiaire ou usage direct), nécessiteront des technologies de rupture pour trouver un équilibre économique.
Aussi cette transformation ne pourra se faire qu’au fur et à mesure du développement des infrastructures électriques ; il faudra prioriser l’usage de l’hydrogène en fonction de son rendement énergétique.

La mobilité hydrogène, là où son rendement le rendra pertinent, connaîtra pour le territoire de Dunkerque, un développement important, grâce à l’effet d’échelle généré par les consommateurs industriels.

Les 30 prochaines années verront donc des évolutions intermédiaires comme autant d’étapes nécessaires :

  • Emploi du gaz naturel, comme combustible de transition le temps du développement de l’hydrogène,
  • Utilisation des procédés de CCUS (Carbon Capture, Utilization and Storage),
  • Développement de solutions de stockage de l’hydrogène par le biais d’un réseau maillé entre producteurs et consommateurs, à l’instar des réseaux électriques. Ce réseau assurera son équilibrage à travers un panel de différentes solutions : injection de l’hydrogène en surplus sur le réseau de gaz naturel, effacement ponctuel contre rétribution pour certains consommateurs, production d’appoint d’hydrogène via vaporéformage de gaz naturel…
  • Le déploiement de nouvelles technologies présentant de meilleurs rendements (électrolyses haute température par ex) permettra de réduire les coûts de production.

Fort de son positionnement de Grand Port maritime du Nord de l’Europe, de la disponibilité d’électricité décarbonée dont il bénéficie, grâce à son écosystème industrialo-portuaire et à son expertise reconnue en économie circulaire, le territoire Dunkerquois est appelé à être un acteur majeur de la transformation énergétique européenne. Les acteurs de la région dunkerquoise ; CUD, GPMD, Euraénergie, CCI, industriels et énergéticiens, sont prêts à relever ensemble ce défi majeur pour l’avenir de notre planète et des générations futures.

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