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Les bioénergies, l’or vert des Hauts-de-France ?

09 Juin. 20

Depuis quelques années, les bioénergies (énergies issues de valorisation de biomasse) ont le vent en poupe. Historiquement présente dans le mix énergétique mondial avec le chauffage au bois, la filière tend à se diversifier via de nouvelles pistes de valorisation (biodéchets, méthanisation…). Physiquement ancrée dans les territoires, quelles plus-values peut-elle apporter à la région Hauts-de-France ? Eléments de réponse d’après le webinar de l’OFATE du 02/04 dédié à ce sujet que nous combinons avec l’actualité régionale.

Un gisement multi-énergie et multiusages
Dans quels secteurs énergétiques peuvent s’implanter les bioénergies? Tous, d’après Katja Oehmichen, du Centre allemand de recherche sur la biomasse. Les bioénergies (agricoles, forestière et biodéchets) permettent de créer de l’énergie sous forme gazeuse (32%), liquide (22%), ou solide (46%). Par la suite, les usages possibles sont multiples : production d’électricité (22%), production de chaleur (62%), et carburant pour les transports (16%).
Même retour d‘expérience du côté de la Région Nouvelle Aquitaine, où les bioénergies sont également omniprésentes. C’est la source d’énergie majoritaire pour la production de chaleur, et elle est également utilisée dans la production de carburant, de gaz et d’électricité.

Un fort potentiel en Région
La Région Hauts-de-France possède un fort potentiel de développement dans les bioénergies. Son industrie forestière reste peu développée (1,3 millions de m3/an produit en région contre 39 en France, soit 3,4% des volumes nationaux), en raison notamment d’un faible usage forestier des sols (13% de la surface des Hauts-de-France, contre 30% en moyenne nationale, 2,5 % des forêts françaises se trouvent en région). Mais la région se démarque par un fort pourcentage dédié au bois énergie, premier usage bois en région, ce qui représente 7,5% de l’apport en bois énergie de la France.

Mieux, la région est couverte à 67% par des terres agricoles, faisant de l’agroéconomie le premier employeur des Hauts-de-France (130 000 emplois). La région est donc particulièrement appropriée au développement des agrocarburants et de la production de biométhane. Particulièrement motrice sur le secteur de la méthanisation agricole, la Région Hauts-de-France est d’ores et déjà la première région de France en termes de capacité d’injection installée, et la seconde en termes de nombre de sites d’injection.

Bâtir les synergies de demain
Fort de ce potentiel, de nombreuses valorisations de ces énergies sont déjà à l’œuvre : la Région compte par exemple deux centrales à cogénération biomasse de très fortes capacités (Kogéban et CBEM), produisant de l’électricité, de la chaleur et de la vapeur d’eau, contribuant à éviter près de 200 000 tonnes de CO2. Côté méthanisation, les productions de biométhane contribuent à verdir les réseaux de gaz, ainsi qu’a décarboner de nouveaux usages comme la mobilité. De nouvelles synergies entre la méthanisation et le Gaz Naturel Véhicule (GNV) voient le jour, sur le modèle de la société AgriBioMéthane, située à Mortagne-sur-Sèvre, qui a décidé de coupler son unité de méthanisation avec une station GNV pour permettre aux transporteurs vendéens de s’alimenter en énergie locale.

De telles démarches seront-elles bientôt à l’œuvre en région ? C’est tout à fait envisageable grâce à des mécanismes de financement spécifiques. L’union européenne propose des subventions et du financement, à l’instar du Blending Call CEF Transport et la région soutient la filière, par exemple à travers l’action de la SEM Energie Hauts-de-France.

Les bioénergies sont un atout majeur dans le cadre des transitions territoriales. La Région Hauts-de-France pourrait créer 15 000 emplois d’ici 2050 dans la valorisation de son potentiel.

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