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Le BHNS, nouveau fleuron d’Amiens

04 Oct. 19

« En 2014, Amiens était une des rares villes françaises de taille moyenne à ne pas avoir mis en place son système de transport en commun en site propre », précise Philippe Magnier, directeur adjoint des services techniques de la Métropole. Le choix du BHNS (Bus à Haut Niveau de Service) s’imposait face au projet dispendieux de tramway, mais quel carburant fallait-il adopter ?

Une étude est lancée mais s’avère peu conclusive: qui dit technologies nouvelles dit manque de recul pour chiffrer des coûts de maintenance et même d’investissements consolidés ; difficile également d’établir une vision long terme sur l’évolution des coûts de l’énergie et enfin tout autant hasardeux d’émettre un avis fiable sur les aspects environnementaux : le recyclage des batteries n’est pas suffisamment industrialisé et l’achat de certificats verts n’apporte pas encore toutes les garanties escomptées. Le choix du bus électrique est donc avant tout une décision politique qui veut mettre en avant une solution décarbonée et innovante de transport en commun pour les amiénois.

Dès 2015, le programme de renouvellement de la flotte de bus est stoppé pour créer un effet masse en 2019. 43 bus articulés électriques de marque Irizar sont achetés en 2018 pour fonctionner sur 3 lignes du réseau Ametis. Cet investissement touche plus d’un tiers du parc d’autobus d’Amiens Métropole, ce qui positionne dès à présent l’agglomération en tête de file de la transition énergétique des flottes d’autobus en Europe. La 4eme ligne passera au véhicule propre dans les années à venir.

L’opération permet à Amiens Métropole de se mettre d’emblée en phase avec la loi de transition énergétique, même si son nombre d’habitants la place pour l’instant sous le seuil d’application (250 000 habitants).

Les bus choisis sont de 18,73 m de long et non 24 m comme à Nantes, ceci afin d’éviter un ravitaillement sur le parcours. Les bus sont équipés de 4 packs de batteries Lithium/Ion de 30KW chacun ; ils sont loués au fournisseur du bus afin de pouvoir faire évoluer le matériel si les technologies progressent. Les bus permettent de transporter le même nombre de passagers qu’un véhicule diesel. Leur achat inclue des infrastructures de recharge des packs de batteries qui comprennent des postes de charge rapide à 85% en 5 mn par pantographe à chaque extrémité de ligne (600KW et 800 A) et un équipement de charge lente à 100% installé au dépôt qui assure en plus de la charge totale un rééquilibrage des cellules des batteries. La charge lente au dépôt s’effectue pour les 43 bus entre 0h et 4h30 du matin : il a donc fallu une coopération étroite avec Enedis pour optimiser et lisser le process de charge autant que faire se peut, grâce à une gestion intelligente des arrivées et départs des bus au dépôt.

Économiquement, Amiens Métropole vise avec cette solution un coût d’exploitation équivalent au bus diesel articulé. Le concessionnaire des lignes Keolis (filiale SNCF) dispose d’un contrat d’approvisionnement d’électricité verte au niveau national. Lancé en mai dernier après 18 mois de travaux et 122 millions d’investissements, le BHNS « Nemo », hommage à Jules Verne oblige, surfe non pas « 20 mille lieues sous les mers » mais sur la vague du service client et du transport décarboné ; il est une référence pour des projets similaires envisagés par les métropoles de l’hexagone.

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