Newsletters Espace adhérent
Nos actualités

< Retour

L’AFHYPAC publie ses propositions pour le développement de l’hydrogène en France

09 Sep. 20

L’Association Française de l’Hydrogène et Pile à Combustible (AFHYPAC) a travaillé cet été avec ses adhérents à l’élaboration d’un plan hydrogène qui exprime la vision de la filière française. Déjà, l’Union européenne publiait le 8 juillet dernier une stratégie hydrogène ambitieuse dans le cadre du Green Deal, fléchant les politiques publiques et ses outils de financement vers le déploiement d’une filière considérée désormais par l’Europe comme stratégique. Le Green Deal prévoit un investissement situé entre 24 et 42 milliards d’euros dans les 10 prochaines années pour atteindre une production de 10 millions de tonnes d’hydrogène propre.

L’hydrogène constitue un levier incontournable de la transition énergétique : il permet de décarboner des secteurs entiers de l’économie, en particulier ceux pour lesquels l’électrification est complexe, dans l’industrie, la mobilité, ou les usages du gaz. Il participe également à la montée en puissance des énergies renouvelables. Ce vecteur énergétique est, au final, tout autant un outil de décarbonation qu’un outil de réindustrialisation.

La France présente de nombreux atouts pour le développement d’une filière hydrogène à travers sa communauté scientifique française de haut niveau, ses acteurs industriels (énergéticiens de rang mondial, équipementiers, startups innovantes), son marché captif national important, son mix énergétique largement décarboné, ses gisements d’ENR, ses infrastructures de qualité, son positionnement géographique ouvert à l’international et ses zones portuaires appelés à devenir de futurs hubs énergétiques.

Le plan proposé par l’AFHYPAC se donne une cible à 2030 de près de 700 000 tonnes d’hydrogène renouvelable ou bas carbone pour un marché global estimé à cette date à environ 1,35 millions de tonnes.

L’hydrogène renouvelable peut être produit par de nombreux moyens : électrolyse centralisée ou distribuée, thermolyse et pyrolyse de biomasse, vaporéformage du biométhane ou du gaz naturel allié au captage du carbone, pyrolyse du méthane, photocatalyse. Autant de procédés applicables à la région des Hauts-de-France.

Cette production d’hydrogène nécessite selon l’AFHYPAC, sur la période 2020-2023, la mise en exploitation de 870 MW d’électrolyseurs pour 113 000 tonnes d’hydrogène et, sur la période 2024-2030, de 7 GW d’éléctrolyseurs, ainsi que d’unités de Captage et stockage du Carbone (CCS) associés aux vaporéformeurs actuels permettant de traiter 130 000 tonnes par an, auquel s’ajoutera la production d’hydrogène bas carbone par thermolyse de biomasse, soit un total de 550 000 tonnes d’hydrogène pour cette période. L’AFHYPAC retient des montants d’investissements de 2,5 Mds€ sur la période 2020-2023, puis 24 Mds€ sur la période 2020-2030 par les acteurs industriels et de la recherche pour accompagner ce développement. L’Etat devra également assurer un soutien à l’investissement à hauteur de 6,7 Mds€ et un soutien de 3,6 Mds€ à la production d’hydrogène renouvelable ou bas carbone. Cette trajectoire permettrait de réduire les émissions dans tous les domaines (mobilités, réseaux de gaz, industries) pour atteindre plus de 4 Mt de CO2 évitées pour l’année 2030 et plus de 21 Mt de CO2 cumulées sur la décennie. La filière générerait entre 120 000 et 250 000 emplois directs et indirects en France, que ce soit sous la forme de création nette d’emplois, ou sous forme de requalification d’emplois existants à plus haute technicité.

Selon une étude Mc Kinsey de 2018, l’hydrogène bas carbone pourrait représenter à termes 20% de la demande finale d’énergies avec un marché de 5,5 millions de tonnes contre 0,9 aujourd’hui. Les secteurs concernés sont : les transports (transport de passagers, fret), le chauffage des bâtiments (l’hydrogène pur et le méthane de synthèse représenterait 12% de la demande énergétique des bâtiments), l’hydrogène comme matière première de l’industrie participant à sa décarbonation (rôle réducteur de l’H2 pour la sidérurgie), intégration des ENR sous forme stockable, la production d’hydrogène, l’export.

Les recommandations de l’AFHYPAC touchent l’ensemble des maillons de la filière selon 4 niveaux de soutien identifiés :

  • soutien à la demande pour amorcer le marché
  • soutien à la production d’hydrogène
  • soutien aux infrastructures
  • soutien au développement d’une offre technologique française

Retenons pour les Hauts-de-France, que l’AFHYPAC plaide pour un mécanisme incitatif de soutien à la production d’hydrogène, lisible sur le long terme, tant que le tarif de production de l’hydrogène décarboné dépasse le coût de production de l’hydrogène fossile (1,5 à 2 euros le kg). L’AFHYPAC recommande par ailleurs de transposer sans délai la directive européenne RED II à la réglementation française, dont l’objectif est d’imposer un taux de 14% de carburants renouvelables aux fournisseurs de carburants, mettant ainsi en route le secteur des carburants vers une utilisation plus massive et structurante de l’hydrogène décarboné. Enfin, nous soulignons la recommandation sur le nécessaire déploiement des infrastructures gazières dédiées au transport de l’hydrogène.

Retrouvez le document original des préconisations très exhaustives de l’AFHYPAC, en cliquant ici

Newsletter

Nos anciennes newsletters consultables

Pour recevoir toutes nos actualités,
abonnez-vous à notre newsletter