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Journée nationale CO2 industries et territoires

17 Juil. 19

C’est peut-être à un changement de mentalité auquel nous avons assisté ce 10 juillet dernier à la CCI Littoral Hauts-de-France à Dunkerque. Hommes politiques et grands industriels se sont rassemblés sur la question de l’avenir des quotas de CO2 dans un contexte de forte compétition internationale.

En 2005, l’Europe a mis en place un système d’échange de droits à émettre du carbone (EU ETS : Emission Trading System). Ce système est la pierre angulaire du combat européen contre le changement climatique et la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Dans ce marché, l’Europe fixe un maximum d’émissions de gaz à effet de serre pour une année et chaque entreprise se voit affecter un droit à émettre et peut également en acheter auprès d’entreprises qui émettent moins de CO2 que leur quotas ne le leur permettent. A la fin de l’année, les entreprises doivent prouver que les quotas en leur possession couvrent (ou sur-couvrent) les émissions qu’elles ont réellement réalisées. Les droits non utilisés peuvent être conservés pour être réutilisés ultérieurement. Ce système d’échange permet d’avoir une vision pragmatique et assure que les baisses d’émissions sont réalisées en priorité là où cela coûte le moins. Ainsi, en 2020, les émissions des secteurs couverts par le système seront inférieures de 21% à celles de 2005 et l’objectif pour 2030 est d’être inférieur de 43% toujours par rapport à 2005. Pour simplifier, les quotas sont réduits peu-à-peu et le prix du carbone augmente de plus en plus vite : de 6€ la tonne en 2014, le prix dépasse désormais les 25 € la tonne.

Ce coût vient impacter directement la rentabilité des entreprises. En effet, les concurrents hors Union Européenne ne sont pas, ou prou, soumis à une telle taxe ; celle-ci ne peut donc pas être répercutée chez les clients à travers le prix des produits finis. C’est donc la marge qui diminue. Les industriels travaillent déjà à la réduction de leurs émissions, mais lorsque celles-ci font partie intégrante du process (émissions directes), il est très difficile et très coûteux de les réduire. Les directeurs d’ArcelorMittal Dunkerque, de Liberty Aluminum Dunkerque, de Ferroglobe Manganèse France et de Comilog Dunkerque ont ainsi présenté leurs démarches et certains des projets engagés pour diminuer leurs émissions.

Arnaud Leroy, président de l’ADEME, est bien conscient de cette difficulté et surtout du fait que, comme le rappelait Valérie Tordeur, Vice-Présidente CCI Littoral Hauts-de-France, lors de l’ouverture de cette journée : « la meilleure solution pour le climat [ndlr : à l’échelle mondiale] c’est de continuer à produire de l’aluminium et de l’acier à Dunkerque avec 4 fois moins d’émissions de CO2 que le reste du monde ».
Une démarche de dialogue s’est donc engagée entre les industriels, la Communauté Urbaine de Dunkerque, la CCI LIttoral Hauts-de France et la Région (via la Mission rev3). Il débouche sur un manifeste avec 3 propositions majeurs :

  • flécher les sommes collectées par l’Etat à travers le système des quotas vers les projets innovants des entreprises et des territoires visant à réduire l’empreinte carbone ;
  • soutenir l’approvisionnement en énergie décarbonée ;
  • valoriser le CO2 non émis notamment grâce à des logiques d’économie circulaire (valorisation de chaleur fatale, augmentation du taux de matières recyclés dans les process, …).

Rendez-vous est déjà donné par Arnaud Leroy l’année prochaine pour un nouvel évènement à l’échelle européenne.

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