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Hydrogène mondial : c’est parti !

08 Juil. 20

L’hydrogène a toujours été au cœur des discussions de la transition énergétique, mais comme perspective à plus ou moins long terme. Des incertitudes sur les technologies, les coûts de production et l’offre suffisante en électricité verte expliquent le faible développement de la filière. Le Green Deal évoquait l’hydrogène parmi d’autres solutions, sans en faire une priorité claire pour l’avenir énergétique européen. Tout cela semble bien avoir changé ces derniers mois.

Le virage allemand
Les premiers documents associés au Next Generation EU, doté d’une enveloppe de 750 milliards d’euros mentionnent clairement en première page « une économie de l’hydrogène propre en Europe » en tant que stratégie de relance de l’UE. L’Allemagne, qui peinait à trouver un consensus sur ce sujet a annoncé un plan de 7 milliards d’euros alloué spécifiquement à la recherche, aux infrastructures at aux conditions cadres nécessaires à la production de 5GW d’hydrogène vert d’ici à 2030, avec un budget additionnel de 2 milliards pour doubler cette production en 2040. L’Allemagne ambitionne de devenir le numéro un mondial des technologies de l’hydrogène, et s’en donne les moyens. L’objectif est donc de produire 20TWh d’énergie renouvelable en 2030 pour de l’hydrogène vert, ce qui implique de booster les projets éoliens et solaires. L’Allemagne ne renonce pas pour autant à l’utilisation d’hydrogène gris ou bleu, mais l’envisage en phase transitoire.

Quelque soient les pays, les installations de production conventionnelle d’hydrogène gris ne seront pas remplacées à court terme par des électrolyseurs, les installations existantes devant être rentabilisées. Elles ne pourront couvrir que les besoins actuels des industries, mais en aucun cas les nouveaux usages de l’hydrogène. L’augmentation de la demande en hydrogène pour les nouvelles utilisations industrielles comme l’acier décarboné ou de mobilité devra être couverte par de l’hydrogène issu d’électricité renouvelable ou décarbonée afin d’atteindre les objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre.

L’accélération mondiale
A la fin 2019, 252MW de capacité d’hydrolyse à partir d’électricité verte était déployée dans le monde. La progression était estimée au niveau mondial en 2019 à 1200% d’ici 2030 avec une capacité de 3.2GW, pour couvrir notamment une demande forte du Japon et de la Corée du Sud grâce à de futurs exports en provenance d’Australie. Cette valeur estimée en 2019 serait dépassée rien qu’avec le plan allemand. Au niveau européen à l’horizon 2050, c’est une demande de l’ordre de 100GW d’hydrogène qui a été estimée par l’ENTSO-E et l’ENTSO-G, ce qui devrait requérir une production électrique variant de 300 à 800TWh en fonction des énergies renouvelables utilisées. Rien qu’en mer du Nord, les capacités de production d’électricité éolienne ont été évaluées à 180GW.

La baisse du coût de production de l’hydrogène vert de 45% lors des 5 dernières années avait déjà permis de débloquer des financements pour des projets d’envergure, ou l’H2 vert était vendu à «seulement» 80% de surcoût. Les prévisions à 5 et 10 ans montrent un alignement du coût de l’H2 vert avec celui de l’H2 bleu en Europe. Certains prévoient même que l’hydrogène vert devienne le moins cher dès 2030. La commercialisation de l’oxygène et de la chaleur résultants de l’électrolyse contribue notamment à la rentabilité globale des projets.

Dans une ambiance économique incertaine, il y a peu de secteurs qui offrent à la fois une demande en forte progression, des applications variées et donc de nombreux débouchés, des financements en milliards d’euros, des coûts en forte baisse, le tout avec des émissions nulles.

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