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HIVE : Technologie de rupture et financement

11 Jan. 21

Dans notre dernier numéro de Décembre 2020, Nesrine Darragi, fondatrice de Hive, nous expliquait la genèse de Hive et son parcours pour passer de l’idée (à savoir créer une batterie interchangeable pour les véhicules électriques) au produit. Ce mois-ci, elle revient plus en détail sur la technologie et le financement de son entreprise.

Pôlénergie : Bonjour Nesrine Darragi, après nous avoir décrit votre parcours de créatrice, peut-on en savoir un peu plus sur le cœur de la technologie développée par Hive?
Nesrine Darragi : C’est très compliqué de vous répondre… Jusqu’il y a peu de temps, le secret était total. Je n’ai sécurisé le montant du coût des brevets que depuis peu et ils sont en cours de dépôt. Il y aussi une joint-venture à l’’étude, c’était un risque de parler du cœur de la technologie. Ce que je peux vous dire c’est que nous utilisons des matériaux recyclés et recyclables, tel le graphite et l’aluminium,; notre but est d’éliminer tous les métaux rare et critiques : pas de cobalt, pas de nickel, pas de lithium. Nous utilisons des catalyseurs, permettant de booster l’énergie, qui n’avaient jamais été utilisés auparavant. Nous travaillons aussi sur l’électronique de puissance dédié à la batterie, sur son monitoring, avec un système en cours développement permettant de prévoir l’état de santé des cellules. Nous innovons aussi sur la structure de la cellule, avec la mise en place de Pouch Cells [NDLR cellules de poches, technologie de rupture apparue en 1995] et de cellules cylindriques avec plusieurs variétés de taille.

Pôlénergie : A quel stade en êtes-vous ?
Nesrine Darragi : Nous en sommes à un TRL 5 avec les premiers prototypes industriels et nous visons le scale-up, avec un TRL 7, pour mai. Ainsi, au printemps 2021, nous allons fournir la première voiture électrique équipée de notre technologie « EZ-swap® » avec un partenaire, fabricant américain de véhicules. Nous avons déclenché l’achat des machines pour installer une petite unité de production, malgré les contraintes liées à la COVID qui nous a fait prendre beaucoup de retard. C’est pour cela que nous recrutons des profils qui peuvent penser «out of the box» et intégrer notre projet, certes risqué, mais aussi extrêmement challengeant
(https://www.linkedin.com/posts/hive-electric_hive-electric-job-offers-activity-6730054267635425280-ko4F).

Pôlénergie : Mais si j’ai bien compris vous ne vous arrêtez pas là ?
Nesrine Darragi : Ce qu’on essaye de faire, c’est une technologie qui peut rapidement passer à l’échelle, car peu coûteuse. Nous étudions donc une solution complète permettant la recharge rapide et sûre des véhicules électriques quelle que soit l’infrastructure du pays. Il s’agit d’utiliser la technologie que nous développons de batteries sans métaux rares, sans lithium-ion pour permettre la mise en place de distributeurs de batteries. Ces stations, équipées de nos batteries modulables, vont permettre de remplacer très rapidement, de manière semi-automatisée, les batteries d’un véhicule.

Pôlénergie : Renault n’a pas déjà développé le concept en Israël il y a quelques années ?
Nesrine Darragi : Si, l’idée est la même. Mais le système de Renault mettait plus de 30 minutes pour faire le remplacement… Et chaque station coûtait plus de 2 millions d’euros ! C’était trop long et trop cher. Il y a aussi un chinois, Nio, qui réalise du swap de batteries, mais son système semble difficilement réplicable, encore une fois à cause de son coût. Notre objectif est vraiment de pouvoir installer cette solution partout, aussi bien dans les pays occidentaux que dans les pays en développement.

Pôlénergie : Vous avez donc beaucoup de projets !
Nesrine Darragi : Oui, et ce n’est pas tout ! Nous travaillons déjà à d’autres solutions. Je peux vous en révéler une, et ce sera un scoop : nous étudions avec d’autres partenaires un projet de batterie 2.0 qui consiste à reconvertir des batteries usagées en pack de batteries stationnaires pour stocker les énergies renouvelables. Cela permettra de réutiliser ce qui existe déjà … Cela peut sembler en contradiction avec notre premier modèle, réutiliser plutôt que produire des solutions nouvelles, mais de mon point de vue, c’est au contraire tout à fait complémentaire. Et comme je vous l’ai dit, il s’agit toujours d’avoir plusieurs pas d’avance sur nos concurrents…

Pôlénergie : Comment financez-vous tous ces développements ?
Nesrine Darragi : Dans un premier temps, notre financement se faisait uniquement sur fonds propres avec le soutien d’industriels, principalement le CrittM2A, qui nous a mis des moyens à disposition. Mais depuis la création effective de Hive, tout s’accélère : nous avons depuis peu réalisé notre première levée de fonds, auprès de 5 Business Angels de la Région. C’est ce qui nous permet un tel développement. Nous avons aussi reçu deux subventions de la Région pour l’innovation [NDLR : Diag Innovation]. Nous sommes lauréats de le Bourse French tech Emergence de la BPI, et nous comptons sur le dispositif Deeptech pour la suite. En parallèle, nous préparons déjà une deuxième levée de fonds avec le soutien fort de rev3. Nous préparons une réponse à des projets Greendeal. Nous sommes aussi dans la dernière ligne droite pour le concours européen du programme H2020 Batteries-EICPrize-2018 qui aura lieu le 17 décembre. Et pour l’investissement industriel, nous allons participer à des appels à projets du plan de relance.

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