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ENGIE et la Région Hauts-de-France: Regards sur un contrat commun

27 Nov. 20

ENGIE SOLUTIONS regroupe les meilleures expertises pour optimiser l’usage des ressources énergétiques, verdir les énergies et réinventer les environnements de vie et de travail. ENGIE SOLUTIONS permet ainsi aux entreprises, industries, acteurs du tertiaires, villes et collectivités, de réaliser leur transition carbone. Pour sa part, la Région des Hauts de France a la responsabilité des lycées : elle en assure la construction, la reconstruction, l’extension, les grosses réparations, l’équipement et le fonctionnement. . Au sein de la direction Fonctionnement des établissements, le service Energie a notamment pour objectif de suivre les consommations énergétiques des lycées de la Région. Entretiens croisés entre Antonio SOARES, Responsable du Département Exploitation à Coudekerque pour Engie et Eric Denieul, Ingénieur au service Energie de la Région HDF.

Pôlénergie : Quels intérêts à la GTB et comment voyez-vous l’arrivée du nouveau décret de juillet 2020 ?

Eric Denieul : La GTB est un concept communiquant numérique et informatique, permettant de réduire les dépenses énergétiques, faire du suivi de température à distance, faire du report d’alarme et accéder aux programmes horaires. Le fait maintenant de pouvoir avoir la main à distance sur tous ces points permet d’agir plus vite et plus efficacement auprès des usagers. A la Région, nous avons déjà lancé un contrat de maintenance et d’exploitation des lycées avec la mise en place d’un suivi des consommations par l’exploitant, via une GTB, depuis janvier 2020.

Antonio SOARES : Pour nous, en tant qu’exploitant, c’est aussi une bonne nouvelle ! Les intérêts de la GTB sont multiples, notamment en ce qu’elle permet d’assurer un fonctionnement sans discontinuité par une surveillance 24h/24, 7j/7. Pour nous, le principal avantage est de pouvoir assurer un pilotage à distance et une gestion énergétique optimale du bâtiment tout en réduisant nos déplacements et en garantissant une intervention rapide à distance. Il nous arrive même d’intervenir avant que le client ne s’en aperçoive grâce à cette surveillance à distance. Finalement, la GTB permet d’optimiser les coûts de maintenance et le confort des occupants.
C’est dans cet état d’esprit que nous travaillons déjà en proposant dans nos contrats de performance énergétique, des solutions et des services permettant le contrôle à distance des systèmes de chauffage de nos clients. Certains sont parfois réticents pour des raisons budgétaires. Nous leur faisons prendre conscience que la maintenance de leurs bâtiments sera facilitée et sera plus économique. Nous réduisons nos passages mensuels sur le terrain grâce aux contrôles à distance de tous les paramètres des installations.
Pour moi, l’enjeu est de généraliser et augmenter les méthodes, outils GTB, télégestions et utilisations, à l’ensemble de nos contrats, pour permettre d’avoir des résultats tangibles, mesurables et vérifiables. C’est la clé de la transition énergétique. Ce décret permettra d’impliquer d’avantage nos clients dans l’efficacité énergétique de leurs bâtiments.

Pôlénergie : Quelle place accordez-vous à la maintenance du système de GTB ?

Antonio SOARES : La GTB est un sujet spécifique qui a beaucoup évolué ces dernières années. Avant, il y avait très peu d’automates et beaucoup plus de contacteurs et relais. Notre cœur de métier en tant qu’exploitant, c’est d’exploiter les installations de chauffage, ventilation et climatisation (en abrégé CVC), ce que font très bien nos techniciens. Mais, certaines GTB demandent des connaissances plus approfondies en informatique, ce que ne possèdent pas tous nos techniciens. Nous avons plusieurs automaticiens sur l’agence NPDC qui interviennent sur nos solutions de télégestions et sur celles les plus courantes sur le marché. Mais nos techniciens ne sont pas des automaticiens; aussi, devons-nous accompagner la transformation de nos métiers. Nous ne pouvons, certes, les former à chacune des marques existantes sur le marché. C’est pourquoi nous faisons le choix de la compétence, c’est-à-dire que nous nouons des contrats de services avec le fabricant et/ou l’installateur lorsque nous travaillons avec des produits de télégestion que nous ne maîtrisons pas déjà parfaitement .

Eric Denieul : En tant que maitre d’ouvrage, nous faisons confiance à notre exploitant. C’est un point essentiel de nos contrats. Sans maintenance, les systèmes deviennent obsolètes et inutiles. Combien de systèmes ont été perdus car abandonnés sur un PC sous un vieux système d’exploitation inutilisable ?

Pôlénergie : A quelles difficultés faites-vous face lors de la prise en main d’une nouvelle GTB ?

Antonio SOARES : Les GTB peuvent être un objet de désenchantement quand on découvre qu’ils sont des outils bien trop sophistiqués que personne ne sait faire fonctionner et qui ne sont pas toujours compatibles avec les systèmes qu’ils sont censés piloter. Tous ces éléments compliquent la mise en service des bâtiments et il n’est pas rare de mettre plus de 2 ans pour débugger un équipement. Pendant ce temps les consommations des fluides ne sont pas maîtrisées. De même, la gestion d’alarmes doit être en adéquation avec le site : trop d’alarmes, non priorisées, noieront un gestionnaire de bâtiment. Les pannes importantes ne seront pas alors traitées suffisamment tôt, voire pas du tout. Il faut donc veiller à ne faire remonter que les alarmes essentielles.
Le deuxième écueil que nous rencontrons sur beaucoup de marchés, est le manque de passation et de formation. Quand nous répondons sur un nouveau marché, nous avons le droit au mieux à une formation de 2 heures avec des notices générales mais pas forcément à une revue de l’analyse fonctionnelle et des particularités du système. Il est donc difficile dans ces conditions d’être opérationnel à l’instant t dans la conduite de l’installation et la montée en compétences peut prendre plusieurs semaine.. C’est la même chose sur des marchés de travaux neufs, l’exploitant arrive souvent trop tard, et parfois même après la réception du bâtiment. L’idéal, c’est que l’exploitant soit associé le le plus en amont possible, c’est à dire dès la conception.

Eric Denieul : Nous sommes vigilants sur la rédaction des analyses fonctionnelles et leurs transmissions lors des DOE. C’est un outil nécessaire pour comprendre le fonctionnement de l’installation et maîtriser les différents paramètres. Lors de la mise en place d’une GTB, on se heurte régulièrement aux systèmes informatiques pour des problèmes de sécurité. C’est un enjeu au sein des collectivités de travailler avec ces autres directions pour améliorer le fonctionnement de nos installations.
Mon expérience passée au sein d’autres collectivités m’amène au constat que les techniciens formés à l’automatisme en régie sont assez rares. C’est pourquoi nous avons décidé à la Région de déléguer cette partie à un exploitant.

Pôlénergie : Quels sont les clés de la réussite d’une GTB ?

Antonio SOARES : Je pense qu’il est important que la MOA s’approprie sa GTB, en récupère l’historique car c’est un élément clé de la conduite d’exploitation. Pour vous donner un exemple, il nous arrive régulièrement que les marchés nous demandent de mettre en place nos propres solutions et services pour le suivi de la maîtrise énergétique alors que des systèmes sont déjà en place ! Mais pour moi, la réussite majeure d’une installation GTB réside dans l’amélioration de la transition entre les phases conception/réalisation et et exploitation/maintenance, ce qui apporte trois avantages : permettre l’anticipation du fonctionnement le plus en amont possible, associer les usagers (occupants, gestionnaires, exploitants…) à la conception du projet, comprendre et définir les besoins des utilisateurs. Pour conclure, avec les bons interlocuteurs autour de la table au bon moment, la GTB atteint son plein potentiel !

Source photo : HaguardDuNord 
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