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Dunkerque pense chaleur fatale

20 Jan. 20

Plateforme industrialo-portuaire, Dunkerque connaît mieux qu’aucun autre territoire les enjeux liés à la valorisation de la chaleur fatale des industries de son territoire. Son réseau de chaleur exploité par Dalkia comprend 41 km, 240 points de livraison pour 11 700 équivalent-logements et 124 GWh livrés par an. 64% de son mix énergétique provient aujourd’hui de la chaleur fatale récupérée sur le site d’ArcelorMittal, ce qui lui permet d’éviter près 20 000 tonnes de CO2 par an et de fournir un kWh thermique à 98 g de CO2 (la moyenne française en 2017 est à 116g de CO2/kWh – sources SNCU).

Le sujet de la chaleur fatale fait l’objet d’une réflexion permanente à Dunkerque : l’étude ADEME de 2012 a permis d’identifier les gisements régionaux dont ceux de Dunkerque. C’est aussi en 2012, qu’une étude spécifique sur les besoins de la zone d’activités de Grande-Synthe a vu le jour. En 2013, la CUD établissait son schéma directeur de développement des réseaux de chaleur avec ENR&R (énergies nouvelles renouvelables et récupérables). De 2015 à 2018, la CUD et l’ADEME ont mis en œuvre un protocole d’accord sur la récupération et la valorisation de la chaleur fatale industrielle. C’est dans le cadre de cet accord qu’une étude sur la création d’un fonds de garantie contre le risque industriel pour des projets de valorisation de la chaleur fatale a été initiée par Pôlénergie. Puis, la CUD a mené des études de faisabilité pour le développement de réseaux de chaleur EnR&R dans les villes de Saint-Pol-sur-Mer, Grande-Synthe, Bourbourg, Loon-Plage, Gravelines, Coudekerque-Branche qui ont réalisé leurs propres études de faisabilité pour le développement de réseaux de chaleur EnR&R.

Ces études ont engendré deux projets d’extension d’importance majeure. C’est tout d’abord l’extension réalisée par Energie Grand Littoral, la filiale de Dalkia concessionnaire du réseau de chaleur de Dunkerque, vers Saint-Pol-sur-Mer et Petite-Synthe (11 km) avec raccordement du Centre de Valorisation Energétique des déchets et de l’industriel Daudruy Van Cauwenberghe (cf. newsletter Pôlénergie de septembre 2018). Ce nœud énergétique est alimenté par la vapeur du CVE et des chaufferies biomasse et gaz naturel de Daudruy; il alimente en eau chaude le réseau de chaleur et le process des raffineries de l’industriel. La substitution par une énergie verte permet au réseau de chaleur de diminuer de 80% sa consommation de fioul ; le nœud permet au CVE de trouver un nouveau débouché autre que la production d’électricité pour valoriser son énergie ; enfin, le groupe Daudruy trouve à travers cette solution un débouché à sa surcapacité de production de vapeur et augmente le verdissement de son mix énergétique par la chaleur fatale récupérée du CVE et la combustion de ses graisses.

Le deuxième projet concerne la construction du réseau de chaleur de Grande-Synthe par Engie Cofely avec 15 km de réseau, 67 points de livraison qui livrera 26 GWh de chaleur pour 3.000 équivalents logements à partir, là encore, d’un taux de 95% de chaleur fatale récupérée chez ArcelorMittal, soit 5.500 T de CO2 évitées.

Pour poursuivre le développement du réseau et dans le cadre de l’appel à projets TIGA (devenu Territoires d’Innovation), Pôlénergie a réalisé pour la CUD en 2018-2019 une étude mettant en exergue des solutions innovantes de valorisation de la chaleur fatale en se démarquant, selon la volonté de l’approche TIGA, des solutions classiques des réseaux de chaleur.

L’enjeu principal pour la valorisation de la chaleur fatale à Dunkerque réside dans le gap entre les volumes immenses des gisements et le potentiel limité de leur valorisation auprès de l’habitat ou des industriels voisins. Le schéma ci-dessus de la partie Ouest de Dunkerque Port explicite sous forme de cercles proportionnels ce gap avec en rouge les gisements et en violet le potentiel d’utilisation chez les industriels. A cet effet, une étude technico-économique de faisabilité, portée par Pôlénergie avec ses partenaires devrait être engagée. Dans le même temps, l’ADEME propose de mener une étude prospective sur le développement des réseaux de chaleur et froid sur la plaque industrielle à horizon 2050. Ces deux démarches devraient se conjuguer au travers d’une étude ambitieuse portée par l’ensemble des acteurs du territoires, CUD, Dunkerque Port, CCI Littoral et Euraénergie en 2020. L’idée in fine est d’aboutir à un tracé d’« autoroutes de la chaleur » permettant aux industriels de livrer ou soutirer à cette véritable « nourrice » l’énergie pour leurs besoins et innover tous ensemble dans une économie circulaire réellement ambitieuse et porteuse d’attractivité pour Dunkerque Port et le territoire.

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