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CSR : de nouvelles perspectives

04 Mar. 20

La France s’est engagée dans un ambitieux plan de réduction des déchets mis en décharge. De 21 millions de tonnes en 2010, elle vise une réduction de 50% pour atteindre 10,5 MT en 2025. En 2018, derniers chiffres connus, il restait encore une diminution de 8MT à réaliser. Les moyens pour atteindre cette diminution sont la réduction des déchets à la source, l’éco-conception, le réemploi,… La filière des CSR (Combustible solides de Récupération) doit quant à elle atteindre 2,5 MT traitées par an.

La filière CSR s’est donc emparée du sujet et a déjà significativement augmenté ses capacités de production, pour atteindre quasiment 1 MT. Les unités ne fonctionnent pourtant pas à pleine capacité, car seules 400 000 tonnes ont été produites en 2019. En effet, pour écouler leur production, les unités de traitement des CSR se doivent massivement d’exporter. Les acteurs du CRS identifient un double frein au développement de la filière : l’absence de compétitivité et le manque de débouchés locaux.

Les CSR subissent en effet un surcoût au niveau des CAPEX (investissement), notamment à cause des installations nécessaires de traitement des fumées, mais également au niveau des OPEX puisqu’ il y a plus de maintenance sur des installations de CSR que sur des installations gaz traditionnelles. Il faut en outre prévoir une logistique d’approvisionnement plus complexe que pour le gaz, avec de surcroît un coût du combustible plus élevé.

Les CSR n’auraient-ils que des désavantages ? En réalité, on oublie trop souvent le service qu’ils rendent à la collectivité. Qu’on en juge : les CSR sont un moyen de traiter les ordures ménagères résiduelles et les Déchets d’Activité Economique ; la filière CSR est 9,8 fois plus créatrice d’emploi que la filière d’enfouissement à tonnage équivalent ; enfin la filière est neutre en carbone.

La filière CSR en France n’a comme seul débouché que les cimenteries; il y a là un potentiel de développement très important: l’Allemagne, par exemple, consomme 9 MT de CSR par an, les Pays-Bas 3,1 MT (chiffres 2018) en s’ouvrant vers d’autres types de débouchés.

La filière travaille donc sur les deux freins identifiés. Elle cherche à renforcer le financement public des équipements au travers des aides à l’investissement de l’ADEME ou bien via les CEE. La filière travaille également à diversifier son offre et propose de nouvelles solutions. La société anglaise RJM propose des CSR sous forme de pellets, utilisable dans des centrales à charbon pour un remplacement simple et aisé des combustibles fossiles.
C’est aussi des chaudières de plus grande puissance avec des traitement de fumées efficaces, comme cette installation réalisée par KPA Unicon à Copenhague, avec une piste de ski aménagée sur le toit du bâtiment. Cette installation de cogénération fournit un réseau de chaleur urbain et produit de l’électricité.

Mais ce sont aussi des nouveaux débouchés avec des projets de dimension plus modeste, qui vont permettre une meilleure acceptation sociale. La société OPTYMA conduit ainsi un projet de chaudière CSR de 6,7MW PCI pour 1,14 MW électriques et 4,2MW thermiques sur la plateforme de Dourges. Les CSR produits par le Symevad seront transformés en électricité auto- consommée par le SYMEVAD et en chaleur, acheminée via un mini réseau de chaleur aux entrepôts de Décathlon et de Leroy Merlin situés dans un rayon de 300m. Au regard du développement attendu des réseaux de chaleur, gageons que cette piste prometteuse trouvera rapidement son marché.

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