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Comment conserver la rentabilité des projets de méthanisation avec les nouveaux tarifs de soutien ?

16 Avr. 21

SOLAGRO est un cabinet-conseil dans la transition énergétique et agroécologique. Il a été missionné par GRDF pour proposer des voies d’optimisation technique et économique des unités de méthanisation, suite à la révision à la baisse des tarifs d’injection de biométhane. Cette étude a fait l’objet d’une présentation détaillé à Méthania par GRDF en mars 2021. Présentation synthétique des résultats. 

La démarche de Solagro part de 5 cas types d’unités de méthanisation allant de 80 à 250 Nm3/h, dont quatre selon la technologie infiniment mélangée et un projet, le plus important à 250 Nm3/h en voie solide continue. Les taux de rentabilité interne (TRI projet) sont calculés sur la base de la nouvelle tarification et oscillent, avant subventions, entre des TRI négatifs à un maximum de 7,8% : soit 4 projets sur 5 considérés comme non finançables en l’état.

Solagro étudie alors plusieurs leviers d’optimisation au niveau des CAPEX, des OPEX, mais aussi des recettes.

En préalable, Solagro indique qu’il est nécessaire d’augmenter le taux de couverture de la dette (acronyme anglais : DSCR) pour obtenir un financement bancaire. Faire entrer au capital un financement participatif ou un investisseur institutionnel permettra d’accroître les fonds propres et d’augmenter la DSCR pour dépasser le seuil des 130% à partir duquel les banques acceptent de prêter ; seul inconvénient, le TRI investisseur baissera mais pas le TRI projet. Autre solution, recourir à un prêt obligataire permettra de limiter l’emprunt et donc d’augmenter la DSCR. L’avantage sera de ne pas diluer le capital. À noter : les prêts BPI ne se remboursent qu’après les prêts des banques commerciales et sont donc un moyen d’augmenter la DSCR.

Les voies de réduction des CAPEX passent par l’optimisation du dimensionnement des installations. Il y aura par contre une perte d’évolutivité des sites à réduire le temps de séjour hydraulique par une diminution de taille du digesteur. L’optimum entre les 70 jours minimum et la charge de 5 kg de matière organique par m3 de digesteur et par jour est à rechercher mais cette perte de souplesse apporte un gain en TRI de +0,5 à 3 points du fait de la réduction des CAPEX. On pourra également opter pour un stockage en poche souple des digestats près des parcelles d’épandage plutôt que les fosses béton plus onéreuses. D’autres voies contribuent à réduire les CAPEX comme la délocalisation de la redondance de l’épuration chez le fournisseur, le travail avec un mono-digesteur ou la standardisation de la méthanisation.

Sur le versant OPEX, deux mesures sont à privilégier : il s’agit de la diminution des coûts d’achat des cultures intermédiaires à vocation énergétique (CIVE) et la diminution du coût de l’électricité par la production d’électricité photovoltaïque auto-consommée.

Enfin, sur le volet recettes, on pourra récupérer du biogaz additionnel sur la fosse de stockage du digestat par l’utilisation d’un gazomètre. On pourra également sur-isoler le digesteur, vendre le digestat, valoriser le bio-CO2 en le liquéfiant et en fournissant par exemple des serres agricoles. Enfin, la gestion de l’exploitation par un bon exploitant est un facteur certain de réduction des coûts puisque sa maîtrise du process permettra d’optimiser les consommations électriques, les flux de matières, la biologie du process et est un gage d’attention aux risques de fuites de biogaz.
Solagro invite à une combinaison de plusieurs leviers pour retrouver une rentabilité des différents cas-types analysés. Certes, certains de ces leviers induisent des CAPEX supplémentaires, mais au global, même en combinant plusieurs leviers, les 5 cas-types étudiés deviennent finançables grâce à des DSCR proches de 135%.
La vigilance reste cependant nécessaire au niveau réglementaire :
une consultation( ) est en cours visant à renforcer les mesures à prévoir sur les méthaniseurs. Certains industriels, membres de Méthania, ont émis un avis négatif sur cette consultation, puisque ces règles viennent accroître les CAPEX.
pour rappel, les nouveaux tarifs d’achat d’injection de biométhane publiés en novembre 2020 sont provisoires. Des tarifs d’achat pérennes car validés par la Commission Européenne devraient être publiés à la fin du premier semestre 2021. Les résultats obtenus à date par SOLAGRO seront donc à confirmer avec les tarifs d’achat pérennes.

La méthanisation en Hauts-de-France poursuit cependant sa percée : au 31 décembre 2020, 34 unités sont en service dans les Hauts-de-France, 28 unités sont en construction, dont 20 seront mises en service en 2021. Si 2020 a accusé un léger recul du nombre de nouveaux projets, 2021 revoit l’avenir en rose, pardon, en vert !

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